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jeudi 22 juin 2017

François



Hiver à Orléans


11 novembre 2016

   Même si le cancer ne m'a pas encore pris la vie, il me prend beaucoup. Quelques amis, des croyances, ma jeunesse, des parties de mon corps, ma féminité, mes cheveux, ma mobilité, mon énergie, ma fierté, ma confiance, mon estime... et aujourd'hui, il me retire François. François c'est mon grand-père de cœur. Le grand-père que j'ai choisi. La vie ne m'avait pas gâtée à ce niveau-là. Du côté de mon père comme celui de ma mère, je n'ai jamais vraiment considéré leurs géniteurs mâles comme des grands-pères.
François, c'était le mari de ma nounou Yvonnes, la femme qui m'a élevée aux côtés de ma mère et de mon père. Et bien François, lui, grand bonhomme bien portant, Beauceron pure souche, avec ses chemises à carreaux et ses bretelles, son bout de doigt en moins et son énorme cœur sur la main, je l'ai choisi comme tel. Je crois que ma mère le considérait comme un père alors naturellement, je l'ai pris pour papy.
François a eu cancer il y a 13 ans, génétique, il a aussi touché la plupart de ses frères. Quelques semaines après avoir appris que j'étais coincée dans les filets de ce foutu crabe, il a également appris que le sien était de retour... 
Ils ne rôdent jamais bien loin...


   J'ai eu comme l'impression de lui porter la poisse, - mon côté chat noir - je ne sais pas vraiment pourquoi. Mais cette fois, malgré les contrôles fréquents, son adversaire n'était plus seul, il était accompagné de métastases, logées dans son cerveau... Je savais que je devrais bientôt lui dire au revoir mais j'ai essayé de m'accrocher à la vie, à sa vie, à la mienne et de me battre pour moi mais aussi pour lui. Comme ma mère aurait été malheureuse...
Alors, dès que j'ai pu me rendre quelques jours à Orléans durant mes traitements, je suis allée les voir, François et Yvonnes, car pour lui comme pour moi on ne savait pas quand serait la dernière fois. Je suis allée le visiter d'abord chez lui, quand ça allait à peu près, puis à l'hôpital, quand ça a commencé à aller beaucoup moins bien... 

   Ce jour-là, il ne m'a au départ pas reconnu, et moi non plus je ne l'ai plus reconnu... La grande faucheuse avait commencé son œuvre, en prenant possession d'abord de ses kilos en trop, ses cheveux, ses yeux pétillants comme des bulles de champagne, son sourire bienveillant...
Je suis restée le plus longtemps possible avec lui à parler de moi, de lui, du cancer, du jardin, de ce qu'il fera en rentrant chez lui... de la vie !
Il y a encore beaucoup d'espoir dans ses mots. Alors à moi aussi ça me donne de l'espoir !
Mais je n'arrive pas à quitter sa chambre d'hôpital, je ne veux pas lui dire au revoir... J'ai toujours peur que ce soit la dernière fois et je ne veux pas. J'aimerai qu'il puisse vivre encore longtemps, ou pour toujours. J'aimerai encore et encore, venir les voir, tous les deux, discuter de la pluie et du beau temps, entendre ses anecdotes dès qu'il coince la camionnette dans un champ en allant promener le chien, manger le gibier cuisiné par Yvonnes, boire une coupe de champagne parce qu'il y a toujours une bonne occasion, manger les légumes de son jardin et repartir avec mes confitures et mon bocal de cornichons maison...
Je repars à Montpellier le cœur lourd, je les aime tellement fort tous les deux !


François


   Aujourd'hui, grise journée de novembre, le téléphone sonne, et pendant que les sonneries retentissent mon cœur se serre, j'ai un pressentiment, quelque chose qui me traverse le corps et me transperce l'estomac. C'est mon frère. Il m'annonce la nouvelle. François est parti. Je ne suis pas seule alors je me maîtrise, je prends sur moi mais j'ai envie de hurler, de pleurer toutes les larmes de mon corps ! Putain de Cancer, tu me prends tout !
Deux mois après ma dernière visite, il s'en va...
Il faut que j'y aille, j'ai besoin de lui dire adieu, je reporterai mes séances de radiothérapie pour être là, pour lui, pour moi, pour Yvonnes. Mathieu avait prévu une surprise ce weekend mais je ne peux pas faire autrement, il comprendra.

   Je prends le train, je vais passer quelques jours à Orléans. Les obsèques sont demain.
Un cauchemar, c'est un cauchemar que je vis depuis bientôt un an, je vais me réveiller ! Je suis projetée 14 ans plus tôt, je revis la perte de ma mère. Pourtant je suis heureuse de pouvoir être là, avec lui, une toute dernière fois.
Il y a du monde, François était aimé, il était d'une profonde gentillesse, sincère, généreux, toujours là pour filer la patte à ceux qui en avaient besoin. Un gros ours affectueux.
« Merde », partager un bout de pâté/cornichon maison accompagné d'un canon de rouge avec lui va tellement me manquer ! Yvonnes ne voulait pas que je vienne.

- Tu es en traitement, il faut que tu prennes soin de toi, que tu te reposes, reste à Montpellier !

Mais Yvonnes, tu sais bien que je suis une tête de mule, tu me l'as assez répété gamine. Je serai là !

Et aujourd'hui, je lis la reconnaissance au fond de ses yeux. Je sais à quel point cela lui fait du bien de me savoir ici avec elle.
Avec mon frangin, on lit un poème que leur avait écrit notre mère. Beaucoup de jolis mots pour lui et pour elle. Et puis il est temps pour lui de partir en fumée... J'ai le cœur qui s'arrache quand je le vois là, à travers la vitre, disparaître dans les flammes, enfermé entre quatre planches. Adieu François, tu vas tellement me manquer.
Foutu Crabe, tu es sans pitié.
J'ai du mal à quitter le funérarium, je n'ai jamais aimé faire des adieux.

   Le lendemain, j'en profite pour aller voir mes amis sur Orléans avant de repartir. Surprise party numéro 2 (cf. Aujourd'hui j'ai trente ans). Encore une fois, cela me fait plaisir que mes amis se soient mis en quatre pour fêter mes trente ans mais je n'ai pas le cœur à être joyeuse. La vie est une putain de blague. J'ai perdu.
J'essaye de profiter un maximum de mes amis présents mais mes pensées sont bien loin.
Je rentre à Montpellier, avec un bout de moi parti en fumée.
Fucking Big C.

Pixies - Where is my mind


jeudi 15 juin 2017

Aujourd'hui j'ai trente ans.

@Otto L.Bettmann - Marilyn 30th 


27 octobre 2016

    Aujourd'hui j'ai trente ans. J'ai trente ans et j'ai un cancer du sein. Je me suis toujours dit qu'avoir trente ans ça serait chouette mais par contre trente ans et un cancer, ça craint...
Comme tout le monde, parfois je me projetais dans l'avenir. J'avais souvent imaginé ma trentaine, mais alors absolument pas comme cela !
Selon les moments, je me voyais soit courir dans tous les sens, gosses sous le bras, chien en laisse, soit sac sur le dos en train de voyager et découvrir d'autres continents ou encore avec ma propre boîte d'évènementiel ou de déco en bonne working girl… Mais j'étais loin, très loin de penser que je me retrouverai sans cheveux, sans sourcils, sans sourire, épuisée, peinture de guerre sur le corps en train de me battre contre ce Fucking Big C...
Evidemment, j'avais bien conscience que je n'étais pas à l'abris, le cancer peut tous nous dévorer mais pas aujourd'hui, pas à trente ans !!!
J'aurai dû avoir la puce à l'oreille, dans ma vie rien ne s'est jamais vraiment déroulé comme prévu !

    J'ai toujours adoré les anniversaires et encore plus, le mien. Une occasion pour être la reine de la journée, faire la fête, s'entourer de ses amis, de sa famille, passer de bons moments, déballer des cadeaux, recevoir beaucoup d'amour...
Je me levais le matin, heureuse de voir mon téléphone s'éclairer à chaque démonstration d'affection, chaque pensée amicale. J'avais envie de me faire plaisir, manger un de mes plats préférés, m’immerger dans des souvenirs d'enfance pleine de nostalgie, croquer à pleines dents mes madeleines de Proust, et la vie aussi... boire un verre avec les copains, embrasser mon amoureux... et profiter de chaque minute pour en faire une longue journée exceptionnelle. Une journée que j'aurais aimée sans fin.
C'était comme si, le jour de ma naissance était la seule journée où je prenais conscience de l'importance de ma propre vie, la seule journée où j'étais capable de la savourer. Pourquoi ?


Maman et moi - époque cagoule

    Mais ce matin ce sentiment est absent, ce matin je n'ai pas vraiment envie de me lever. Ce matin j'ai trente ans et pourtant je m'en serais passé volontiers ! Ce matin j'ai juste trente ans et je m'en fous. J'espère vite en avoir trente et un, sans cancer.
Je ne suis pas très en forme, j'ai une sale tête, je suis marquée par le cancer, balafrée par les interventions chirurgicales, et je suis fatiguée par la radiothérapie et épuisée par déjà dix mois de combat. Ce n'est pas possible, ce n'est pas trente ans que j'ai aujourd'hui, c'est cent trente ans !
Aujourd'hui j'ai trente ans et je suis en colère ! Je suis en colère car je me dis que la vie ne me fait pas vraiment de cadeaux !
Pourtant je devrais être heureuse, j'aurai pu ne jamais les avoir, mourir à vingt-neuf ans. Je devrais être heureuse d'être encore là, heureuse de tout ce que je possède à côté de cela, heureuse de ne pas me réveiller sous les bombardements en Syrie, heureuse d'avoir encore mes bras et mes jambes, heureuse de manger à ma faim, heureuse d'être en vie.
Je n'ai ni l'envie ni la force.
Je relativiserai demain...

   Mon cadeau du jour c'est de ne pas avoir de séance de rayons. La machine est en maintenance. Un hasard total mais qui fait mon bonheur. Je me contente de peu aujourd'hui...
Ma copine Laurène est là pour quelques jours, elle vient de Perpignan, c'est vraiment super car on a peu l'occasion de se voir.
Le soleil est de la partie, c'est un des bons côtés de Montpellier, il y a encore de belles journées fin octobre. Ça me change de mes années à Orléans, où ça se passait plutôt autour d'un feu de cheminée qu'avec un rayon de soleil. On sort déjeuner en terrasse. On passe un bon moment, on mange bien, on se boit un petit verre de vin, on papote entre filles. Puis on rejoint Mathieu, son père et son fils pour un café, qui, tête en l'air, a zappé la date d'aujourd'hui, - mais tout va bien, il s'est bien rattrapé ;-) - puis on rentre se poser tranquillement à la maison. Une journée simple, presque banale mais sans traitement. Tout ce dont j'avais envie. Juste un bon moment calme, posé, loin des médecins et des hôpitaux.
Mon père arrivera pour le weekend. Un weekend facile : respirer, se balader, profiter du soleil, en famille, ça me suffira.
Seulement ce n'était pas sans compter sur un groupe de copines rebelles qui, contre vents et marées avaient décidé de m'organiser une surprise pour ma trentaine...
- Trente ans ça se fête, tu ne peux pas y échapper !
Je suis rentrée d'une balade sur le port de Sète avec mes hommes, et mon appartement avait été pris d'assaut par une bande de fêtards montpelliérains ! Des fanions au plafond, des ballons, de la musique, des roses, des cocktails, des amuses-bouches, des amis, des embrassades, des cadeaux... et beaucoup, beaucoup d'amour !
Et puis quelques jours plus tard, de passage imprévu sur Orléans, j'ai le droit à une seconde surprise party Orléano-parisienne.
Rebelote, arrivée chez ma meilleure amie pour un dîner, je me retrouve entourée de mes proches pour de nouveaux souffler mes trente bougies !


Merci les copains <3


    « Merci à tous » car même si je n'avais absolument pas la tête à faire la fête, j'avais en tout cas, besoin de me sentir encore surprise par la vie !
J'avais besoin de me sentir aimée, j'avais besoin de me sentir encore exister et j'ai été comblée. Ce n'est pas tant les fiestas organisées qui m'ont fait ce bien fou, mais c'est les messages d'amour, d'affection, de présence et de bienveillance qui se cachent derrière qui m'ont touchée en plein cœur. Et si j'ai encore un cœur alors je suis encore en vie.
Je suis encore là, j'ai encore la force de me battre, de combattre ce foutu crabe qui s'accroche à mes miches, la force de continuer à avancer, malgré les injustices de la vie.
Aujourd'hui, j'ai trente ans et je grandis.

Elvis - Happy happy birthday baby

jeudi 8 juin 2017

34 séances de radiothérapie...



Peintures de guerre post séance radiothérapie 

18 octobre 2016,

  Quelques jours avant de commencer la radiothérapie, je récupère une liste de « coupeurs/barreurs de feu » auprès de la secrétaire de mon chirurgien. J'ai tout entendu à ce propos, du bien, du moins bien que ce soit par mon entourage ou par le personnel médical. Mais tout le monde a un avis à ce propos ! Jusque-là je n'y avais jamais eu recours mais j'en entends beaucoup parler depuis mon enfance. Quand tu viens d'un petit village, tu sais qu'il y a toujours un rebouteux ou un coupeur de feu ici ou dans le village voisin. Et tu entends toujours parler de leurs exploits : « il a réussi à soulager le frère du cousin de mon grand-père, incroyable, il n'y a plus rien, alors qu'il ne s'était pas loupé le corniaud ! » - oui, je vous la fais à la Solognote ... -
Et a priori, à Montpellier, on a la chance d'en avoir même en ville, le luxe ! Bien sûr je n'explique absolument pas comment quelqu'un - par je ne sais quelle force - peut enlever la sensation ou l'effet de brûlure. Mais, de toute manière, que ça fonctionne ou non, que ce soit réel ou pas, ça ne me fera pas de mal et ça vaut bien le coup de tenter l'expérience. En plus, fan de super-héros, ça me plaît de me dire que quelqu'un peut avoir un super-pouvoir de guérison !
Retour à ma liste. Je barre d'avance tous ceux qui ont inscrit le prix de la séance en face de leur nom. À 30 euros la séance X34, je suis ruinée avant la fin du protocole ! J'appelle la première sur la liste qui n'habite pas trop loin de chez moi et de la clinique. Une petite voix douce et âgée, répond au téléphone, le feeling passe bien.
J'ai donc rendez-vous avec elle, juste après ma première séance de radiothérapie.

   C'est le jour J, première séance mais pour de faux, on fait tout comme pour de vrai mais on « tire à blanc ».
La première séance permet de vérifier que les mesures ont bien été prises avec les repères tatoués, que je suis bien calée, et que le rayon tape bien au bon endroit en plein dans la face de « Tu-meurs » et ses potes et n'abîme - pas trop - le reste de mon corps !


Home sweat home ...
   Je suis un peu stressée par le début de ce nouveau traitement - effet de l'inconnu, encore une fois, je ne sais pas vraiment où je mets les pieds - mais bien moins que pour la chimiothérapie. Je pense que les rayons vont être une partie de « plaisir » à côté ! Mais j'ai tellement entendu de tout :
« Ce n'est rien les rayons, vous ne sentirez rien ! »
« Pour moi, ça a été bien plus dur que la chimio ! »
« J'ai été complètement brûlé par les rayons ! »
J'essaye de ne pas trop penser à tout ça, chaque cas est différent, et j'ai essayé de prendre toutes les précautions possibles pour que ça se passe au mieux...
- Coupeuse de feu
- Recette d'un onguent radioprotecteur
- Tube grand format de Cicalfate d'Avène √
- Gelée d'Aloé Vera bio √
- T-shirt ample et soutif confortable √

   Je suis prête...
Je ne vais pas vous raconter chaque séance car à quelques détails près elles seront toutes semblables, toutes ces journées vont se ressembler un peu comme dans le film Un jour sans fin, avec Bill Murray. Je vais répéter 34 fois la même routine. Je vais 34 fois prendre une douche juste avant la séance pour que ma peau soit bien propre (ni crème, ni déo), 34 fois j'enfilerai des vêtements confortables, 34 fois je prendrai ma voiture pour me rendre à la clinique, 34 fois je patienterai plus ou moins longtemps (selon les jours) dans cette salle d'attente jusqu'à ce qu'on m'appelle, 34 fois je passerai cette porte, 34 fois je me déshabillerai dans cette cabine et me rendrai torse nu dans cette grande chambre froide, 34 fois je m'allongerai sous le cyclope, sur le dos les bras derrière la tête, 34 fois je me ferai manipuler, déplacer au millimètre près pour être exactement à l'emplacement où je dois être, 34 fois je verrai ce gros cyclope tourner tout autour de moi, 34 fois on m’irradiera pendant environ 10 à 15 minutes, 34 fois je vais avoir froid, 34 fois je fixerai les branches de palmier sur le plafond lumineux, 34 fois je fermerai les yeux au moment où j'entendrai les bips sourds et continus, puis 34 fois je me rhabillerai dans cette même cabine, 34 fois je me rendrai chez la coupeuse de feu, et 34 fois je me passerai mon onguent juste avant d'aller me coucher.

C'est ici derrière cette porte que le Cyclope opère...

    Mais je m'y fais, je compte à l'envers, plus que 33, plus que 32, plus que 31... jusqu'à ce que les trentaines deviennent des vingtaines, puis des dizaines, et puis que je puisse les compter sur les doigts de la main.
Je n'aurai pas mal du début à la fin. Je ne sens pas les brûlures, mon sein rougit, ma peau s'abîme, puis desquame, sur le sein et même dans le dos, comme un énorme coup de soleil mais je ne le sens pas.
Les séances chez la coupeuse de feu sont efficaces, les manips radio me demandent toujours si ça me fait mal et je réponds toujours que non. Tout va bien, je suis seulement lasse.
À la fin je ne supporte plus très bien de mettre un soutien-gorge, je n'en porte plus mais ce n'est pas douloureux, c'est plutôt comme une gêne et cela permettra de préserver ma peau brûlée.

   Chaque séance chez la coupeuse de feu se déroule de la même manière également. Ce petit bout de femme est un rayon de soleil dans mes journées monotones. Elle respire la générosité. Elle a un vrai don. Elle donne de son temps pour aider les autres sans besoin de contrepartie. Elle le fait car elle a le pouvoir de le faire. Son réel pouvoir ce n'est pas tant de couper le feu mais de prendre soin des autres. Elle m'accueille chez elle toujours avec un grand sourire, que je sois à l'heure ou non, elle m'installe dans son salon, je me déshabille et elle répète la même gestuelle en passant les mains sur mes brûlures, sur mon sein, autour et dans le dos, pendant 10 minutes. On discute de tout et de rien, elle me dit de ne surtout rien mettre, comme crème ou autre pour ne pas empirer la radiation. Elle me fait parfois goûter les fruits de son jardin d'Eden – je crois qu'elle a également un don pour faire pousser les fruits, les légumes et les fleurs... - puis elle me raccompagne jusqu'au portail, on se dit à demain et je repars.

   Je suis presque bonne élève. Je ne mets pas de crème mais tous les soirs, je passe sur ma peau un onguent à base d'huiles essentielles fait maison. C'est ma tante qui m'a envoyé la recette, qu'elle tenait d'une amie à elle. Mélange d'huile d'amande douce, d'huile essentielle d'arbre à thé et d'Ylang Ylang. Ça sent un peu fort – moi j'aime beaucoup, le chat un peu moins - du coup, je parfume tous mes draps et mes hauts de pyjamas. Le médecin m'a prescrit une crème mais je ne l'utiliserai pas. Je mets le moins de choses possible sur ma peau. Je m'hydrate et répare ma peau à l'Aloé Vera mais seulement de temps en temps et le soir après que les séances de radiations soient passées. Le cicalfate, je l'utilise pour masser mes cicatrices mais idem, toujours le soir, jamais avant les séances et pas tous les jours.
Je sais que j'ai eu beaucoup de chances que la radiothérapie se passe aussi bien pour moi, mais bon j'avais déjà bien morflé avec la chimio alors tant mieux, c'est ce qui m'a permis de m'accrocher, de tenir le coup aussi longtemps...


The Cinematic Orchestra - To Build A Home

jeudi 1 juin 2017

Seconde phase d'attaque : La radiothérapie


Asso P. Ink - Breast Cancer doesn't have to leave the last mark. 


23 septembre 2016,

   Rendez-vous matinal avec le chirurgien. Je suis rentrée d'Italie la veille, c'est un dur retour à la réalité. Je viens de passer dix jours hors du temps, hormis les pansements à changer – j'ai fini par prendre le coup - et une poitrine douloureuse, j'ai mis de côté la maladie... Je me suis accordée une amnésie temporaire.
À la sortie de l'avion je rallume mon téléphone et le premier message reçu est un rappel de rendez-vous à l'hôpital dès le lendemain – Aïe, c'est ce qu'on appelle atterrir - j'avais complètement oublié.
À l'ordre du jour, vérifier la bonne cicatrisation du sein mais aussi mettre en place la phase 2 de cette guerre contre le cancer, le protocole de radiothérapie. Ce qui signifie retour à l'hôpital, et ça, même si je le savais déjà j'ai du mal à l'accepter. Ça fait maintenant neuf mois que je fais des allers-retours à la clinique et je suis moralement épuisée.
J'ai un gros coup de cafard à l'idée de reprendre les traitements, surtout après ces dix jours de fuite au soleil, j'ai l'impression de quitter le paradis... aller direct... classe éco... pour l'enfer.
J'aurais aimé avoir le courage de tout envoyer balader et rester dans ma Dolce Vita !
La réalité finit toujours par nous rattraper.

   Question cicatrisation, on est plutôt bien, on prolonge un peu la durée des pansements car 15 jours c'est un peu juste mais c'est en bonne voie, les cicatrices sont plutôt belles – point de vue du chir., moi j'ai du mal à percevoir la beauté à l'instant – mais je sais que j'ai la chance d'être tombée sur un pro, qui prend en compte l'aspect esthétique dans la reconstruction. Ma peau a réagi à la colle des pansements mais rien d'inquiétant, elle est fragilisée à force d'être malmenée !

   En ce qui concerne la radiothérapie, il faut attendre au minimum six semaines après l'opération avant de débuter les séances, histoire de laisser mon sein souffler un peu...
Six semaines, ça nous amène à mi-octobre. Rendez-vous avec l'oncologue pris pour la semaine suivante, c'est avec lui qu'on déterminera la stratégie de guerre à adopter.

   Le 28 septembre, retour dans le bureau de l'oncologue pour l'élaboration du nouveau plan d'attaque. Il va m'expliquer comment se passe la radiothérapie car pour le moment, je n'en sais pas grand chose... Quelques souvenirs d'enfance en mémoire... tartiner la peau rougie et brûlée de ma mère à la biafine, sa douleur, sa fatigue... Mais c'était il y a 20 ans.
J'ai pris conscience que les médecins, en général, donnaient les différentes données au goutte à goutte, certainement pour éviter de nous noyer sous des flots de détails. Alors on y va pas à pas, une étape après l'autre. C'est au départ totalement déroutant car on ne sait pas vraiment où on met les pieds, on fonce vers l'inconnu, nos peurs accrochées à la ceinture mais finalement – c'est mon point de vue - cela m'a permis de mieux assimiler les informations et cela a évité à mon cerveau de saturer ! Par contre, mon entourage, ayant tendance à vouloir anticiper sur la suite des évènements, me posait beaucoup de questions, et ma seule réponse était « Je ne sais pas encore » …

Cyclope - Marvel Comics

   Aujourd'hui je sais. Alors le principe de la radiothérapie qu'est-ce que c'est ?
C'est une méthode de traitement locorégional du cancer, utilisant des radiations pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier. L'irradiation a pour but de détruire toutes les cellules tumorales - tout en essayant - d'épargner les tissus sains périphériques. Donc moi je me l'imagine comme un énorme robot sous lequel je m'étends et qui envoie un rayon laser avec son gros œil - un peu comme Cyclope dans les x-men quoi ! - pour griller ce qui reste de « Tu-meurs » et ses potes.
Et les effets secondaires ? Durant le traitement on a - liste non exhaustive, encore une fois - érythème cutané (rougeur voire brûlure de la peau type coup de soleil), desquamation, gêne à avaler (rare), fatigue, œdèmes...
Et puis il y a aussi les effets à retardement comme : irritations cutanées, sécheresse, douleur et inconfort, modification de l'apparence du sein, etc.
Je vous zappe la liste des effets rares qui plombent le moral type second cancer...

   L'oncologue m'explique qu'il va falloir faire trente-quatre séances pour venir à bout de l'ennemi et qu'il va falloir y aller tous les jours pour que ce soit efficace...
Boom ! Thor me met un coup de marteau sur la tête, moi qui détestais tant les hôpitaux - en même temps qui aime ? - je suis servie cette année ! Tous les jours, du lundi au vendredi, comme le boulot quoi ! Bien, pour panser le coup sur la tête, il me dit que les séances durent en tout et pour tout vingt minutes et que ce n'est pas douloureux. Bon, ok, des allers-retours tous les jours mais qui ne boufferont pas mes journées, je n'ai pas trop le choix en même temps, je signe.
Le début du traitement est fixé au 18 octobre prochain.

Carte de membre - Club privé de la radiothérapie

   On sort ensuite de son bureau en direction du service de radiothérapie, zone de l'hôpital de jour que j'avais repérée mais encore jamais explorée.
Il me confit à un collègue manipulateur en radiothérapie pour la séance de marquage. Je passe par la cabine de « déshabillage », on m'installe sous Le Cyclope pour prendre trois repères fixes autour de ma poitrine qui serviront de calage à chaque séance, ceci pour être sûr que le laser tape toujours au même endroit. Et, pour marquer ces trois points fixes c'est séance de tatouage !
En rentrant dans la pièce, la manip/tatoueuse me regarde et me dit :
- Je vais devoir tatouer trois repères plus fins qu'un grain de beauté autour de votre sein, ça ne sera pas douloureux mais bon le tatouage vous avez l'air de connaître ! Par contre on a ni le choix du motif, c'est un point, ni celui de la couleur, c'est du noir !
Ça me fait sourire et je suis du coup plutôt détendue. Je ressors de là avec un mort au vache géant autour du sein !
Je me rhabille et je passe dans un bureau où on me donne ma carte de membre. On m'explique plus en détails comment vont se dérouler les séances, et on me donne les consignes à respecter. Il faut que je protège au maximum ma peau car les radiations font l'effet d'un gros coup de soleil, je ne dois surtout pas mettre de corps gras sur la peau avant les séances (huile, crème, déo, etc.) et ma peau doit être bien propre – donc éviter la séance de sport avant de venir - et porter des vêtements et sous-vêtements amples et confortables pour éviter les frottements voire même abandonner le soutif en cas de lésions.
On me donne ensuite mon planning de séances et on m'annonce qu'il n'est pas fixe, que certains jours sauteront pour des raisons de maintenance mais qu'elles seront simplement décalées et non pas annulées. 34 séances c'est 34 séances ! Deux mois et demi, je ne suis plus à quelques jours près… De toute façon pas d'excursions prévues, je suis comme assignée à domicile avec visite quotidienne à mon agent de probation mister Cyclope !

   Je n'ai plus que 20 jours pour me préparer à la suite de cette guerre contre mon cancer...



Fauve - Blizzard


A mon Fucking Big C...

Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint
Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore
Tu es infiniment nombreux
Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche
Et tous les autres ensembles
Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile
N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré
Parce que tu es en vie
Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être 
Oh oh oh qu’est-ce que tu fais? Arrête!
Qu’est-ce qu’il te prend de faire des trucs pareil?
Pourquoi tu te fais du mal comme ça?
Qu’est ce qui ne va pas? Parle-moi, tu sais que tu peux tout me dire
Mais nan mais c’est des conneries tout ça tu le sais
Regarde-moi dans les yeux. Regarde-moi. On s’en branle, c’est pas important
Moi je te trouve magnifique. Depuis la première fois que je t’ai vu
D'ailleurs, je ne m’en suis toujours pas remis
Et puis comment je ferais sans toi moi?
Et puis comment l’univers il ferait sans toi?
Ça ne pourra jamais fonctionner. C’est impossible
Alors faut pas pleurer! Faut pas pleurer
Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller 
Parce qu’on est de ceux qui guérissent
De ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles
Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent
C’est que quelqu'un les pousse du pied
Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus
On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé 
En attendant passe tes bras autour de mon cou si tu veux
Pendant que je te répète ces phrases qui nous donnaient de l’élan
Tu te souviens? Tu te souviens? 
Tu nous entends le Blizzard? Tu nous entends?
Si tu nous entends, va te faire enculer
Tu pensais que tu allais nous avoir hein?
Tu croyais qu’on avait rien vu?
Surprise connard!
Tu nous entends la Honte? Tu nous entends?
Si tu nous entends fais gaffe quand tu rentres chez toi toute seule le soir
On pourrait avoir envie de te refaire la mâchoire avec des objets en métal
Ou de te laver la tête avec du plomb, qu’est-ce que t’en dis?
Tu nous entends la Tristesse? Tu nous entends?
Si tu nous entends, c’est que toi aussi, tu vas bientôt faire ton sac
Prendre la première à gauche, deuxième à droite, puis encore à gauche et aller niquer ta race
Félicitations! Bravo!
Tu nous entends la Mort? Tu nous entends?
Si tu nous entends sache que tu nous fais pas peur, tu peux tirer tout ce que tu veux
On avance quand même, tu pourras pas nous arrêter
Et on laissera personne derrière, on laissera personne se faire aligner
Tout ça c’est fini! 
Tu nous entends la Dignité? Tu nous entends?
Si tu nous entends sache qu’on a un genou à Terre et qu’on est désolés
On est désolés de tout ce qu’on a pu te faire, mais on va changer!
On va devenir des gens biens, tu verras!
Et un jour tu seras fière de nous
Tu nous entends l’Amour? Tu nous entends?
Si tu nous entends, il faut que tu reviennes parce qu’on est prêts maintenant, ça y est
On a déconné c’est vrai mais depuis on a compris
Et là on a les paumes ouvertes avec notre cœur dedans
Il faut que tu le prennes et que tu l’emmènes
Tu nous entends l’Univers? Tu nous entends?
Si tu nous entends, attends-nous! On arrive
On voudrait : tout comprendre, tout savoir, tout voir, tout vivre
On cherche la porte du nouveau monde pour pouvoir s’y fondre en grand
Tu nous entends toi qui attends? Tu nous entends?
Si tu nous entends souviens toi que t’es pas tout seul. Jamais
On est tellement nombreux à être un peu bancals un peu bizarres
Et dans nos têtes il y a un blizzard
Comme les mystiques losers au grand cœur
Il faut qu’on sonne l’alarme, qu’on se retrouve, qu’on se rejoigne
Qu’on s’embrasse, qu’on soit des milliards de mains sur des milliards d’épaules
Qu’on se répète encore une fois que l’ennui est un crime 

Que la vie est un casse du siècle, un putain de piment rouge 
Nique sa mère le Blizzard 
Nique sa mère le Blizzard 
Tout ça c’est fini
Paroliers : Quentin Postel / Pierre Cabanettes / Simon Martellozo / Stephane Muraire / Nicolas Dardillac
Paroles de Blizzard © Sony/ATV Music Publishing LLC, Sony ATV Music Publishing France

jeudi 25 mai 2017

Opération, bye bye "Tu-meurs"

Mon chir. alias  Edward aux mains d'argents - Tim Burton 


Seul l'Amour peut garder
quelqu'un vivant.
Oscar Wilde
Bloc 3

6 septembre 2016,

   Nous sommes le 6 septembre, mon mois de liberté conditionnelle a filé à toute vitesse. Fin août j'ai passé de nouveau une IRM. Mon combat « chimiothérapique » a fait reculé l'adversaire. Ce n'est pas une victoire par K.O mais j'ai pris l'avantage.
Ce matin je passe sur le billard, au programme exécution de la tumeur à coup de scalpel !
On arrive à la clinique avec Mathieu, forcément un peu stressés mais je suis moins angoissée que pour les deux précédentes opérations car celle-ci je crois que je l'attendais avec impatience ! - Sortez-le de moi ! -
Et puis je commence à avoir une grande confiance en mon chirurgien, on commence à bien se connaître lui et moi après sept mois de passages sur sa table d'opération ou dans son bureau.

   J'enfile mes habits de papier et je fais un petit défilé à Mathieu pour rendre les choses plus légères. Car malgré tout une chirurgie ce n'est pas rien !
Pas le temps de trop penser, il est déjà l'heure de partir pour le bloc, - à tout à l'heure mon amour, je t'aime. -
Et c'est parti, bye bye « Tu-meurs » ! 

Collection automne-hiver par Clinique Clémentville 
   Mon chirurgien va se changer en Edward aux mains d'argents, scalpels aux bouts des doigts, et me taillera en quelques heures un nouveau bout de sein.
Avant qu'on me l'explique, j'imaginai l'opération comme une banale extraction de ce parasite mortel, mais ce n'est pas si simple, lui et moi avons fusionné, il fait parti de moi, loin d'être un saint il s'accroche à mon sein.
Afin de pouvoir identifier les cellules toxiques cachées parmi les saines, le chir. m'explique qu'il va injecter dans mon sein des encres colorées (les mêmes que pour le tatouage), il va piquer « Tu-meurs » aux couleurs de mes fleurs !
J'aurais aimé recevoir une radiographie souvenir de ces couleurs en moi, tatouée de l'intérieur, quels artistes ces docteurs !
Pour terminer le travail, il faut reconstruire le sein. La masse va laisser place à un trou béant dans ma poitrine il faut donc me réparer, me remodeler.
Et puis pour ne pas laisser de place à l'incertain, suite à la découverte de quelques ganglions métastasés, j'ai le droit en plus à un curage du système lymphatique du bras droit. Une amputation invisible.
Il me retira également le PAC glissé sous l'hirondelle, même si ça parait
anodin, pour moi, c'est un réel soulagement, ça veut dire plus de chimio ! Mon hirondelle reprend sa liberté.

   Je ne me souviens plus grand chose de mon réveil, trop dans les nuages à cause de l'anesthésie. Mes seuls souvenirs sont flous. Le passage de la psy, de la kiné et du chirurgien - je crois -, nos discussions se sont très vite évaporées. Je me souviens d'avoir eu très soif et de tenter désespérément d'attraper mon verre d'eau sur la tablette sans y parvenir... - c'est mon lit qui s'est retrouvé trempé – et puis je me souviens de marcher difficilement, un pas après l'autre, à travers les couloirs du service accrochée de toute mes forces au bras de Mathieu, ultime condition de ma sortie le soir même. J'ai réussi. Quelle force on déploie avec beaucoup de volonté.

   Retour à la maison, repos, anti-douleurs, coup de fils pour rassurer tout le monde, livraison de fleurs, les copines qui passent avec du chocolat.
Convalescence post-op à la maison mais qui sera de courte durée car dès le vendredi on prend la route pour Orléans pour assister au mariage de Babou et Tristan. Témoin bancale mais témoin quand même !

Les jolies intentions 
    Comme je suis une débrouillarde et que je dois partir dans 3 jours, j'ai décidé que je ne ferai pas appel à une infirmière à domicile pour les pansements. En plus pour les précédentes opérations je m'en suis sortie toute seule! Donc deux jours après l'opération il est temps de s'atteler à la tâche. Je sors de la douche et commence à retirer les pansements posés à l'hôpital, délicatement – arfff, quand même, c'est plutôt impressionnant, je ressemble à la créature de Frankenstein ! - Je prends sur moi, je respire un grand coup et je commence à nettoyer les cicatrices et à badigeonner de bétadine – et là c'est le drame - , j'ai la tête qui tourne, la nausée, je m'assois sur les toilettes pour reprendre mes esprits...mais trop tard je vois des étoiles... 20 minutes plus tard, je parviens à me relever, j'attrape la boîte de soin et je fais au plus vite. Je me retrouve avec un patchwork de pansements collés sur la poitrine, ma salle de bain ressemble à un champ de bataille et je suis vidée ! Je rampe jusqu'au canapé...
Entre la fatigue, l'anesthésie, et l'impressionnante cicatrice pas si facile que ça de jouer à l'infirmière... J'aurais mieux fait d'en appeler une vraie !
Mon téléphone sonne, je tends le bras pour le saisir, c'est ma Nono, je lui raconte ma mésaventure et ni une ni deux, un quart d'heure plus tard, elle sonne à ma porte.
Elle clean mon désastre qui redevient une salle de bain, me prépare un bon repas, me met au repos et me fait un bon coup de propre dans l'appartement. Merci ma Nono! C'est aussi à ça qu'on reconnaît les amis, quand ils vous tirent d'un mauvais pas sans même avoir besoin de demander quoi que ce soit !

    Le lendemain départ pour le mariage, et puis quelques jours plus tard, cadeau de mon papa pour mes 30 ans, je m'envole avec lui pour Bari, retrouver mes racines pour une convalescence au top, vue sur l' Adriatique, là où le temps s'est arrêté.
Dolce vita, thérapie gourmande, balades ensoleillées, farniente, etc. Le souffle de vie dont j'avais besoin.
C'est comme une renaissance !
À ce moment là, je crois que la mort et mes idées noires se sont un peu plus éloignées de moi. Pourtant j'ai vécu ces 10 jours comme si c'était la première et dernière fois que je venais là-bas. Une sensation de vivre et ressentir les choses tellement plus vraie et plus forte. Je pense que c'est un effet secondaire du Cancer qui ne vous quitte plus jamais. Même si vous lui survivez, cette impression inconsciente que tout peu s'arrêter demain vous colle au basques. Mais ça, c'est une bonne chose.



Soko - I'll kill her (remix)